Réunion intergouvernementale de la 14e convention de Cartagena pour la protection et le développement du milieu marin de la région des Caraïbes

Déclaration de Cayenne à la réunion intergouvernementale de la 14e convention de Cartagena pour la protection et le développement du milieu marin de la région des Caraïbes (Cayenne, 17 mars 2017)

Nous, les représentants des gouvernements de la grande région Caraïbe,
Conscients que nous partageons un environnement marin écologiquement riche qui nécessite une protection, Conscients également du fait que la grande région Caraïbe constitue une opportunité précieuse pour le développement durable,

Réaffirmant le rôle clé des écosystèmes marins et côtiers de la grande région Caraïbe et la valeur fondamentale des ressources naturelles pour améliorer nos modes de vie et l’attrait de nos régions,

Reconnaissant que le changement climatique affecte l’ensemble de la grande région Caraïbe et que les solutions fondées sur la nature fournissent un moyen de s’attaquer à ses effets,

Reconnaissant l’importance des objectifs de développement durable des Nations unies, des objectifs d’Aichi, de l’Accord de Paris sur le climat,

Convenus d’inscrire nos travaux dans le cadre de la convention de Carthagène, en partenariat avec le Programme d’action stratégique pour un grand écosystème marin des Caraïbes et du Nord du Brésil (CLME + SAP),

1. nous efforçons de prendre toutes les mesures appropriées pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution marine en étudiant et retirant l’expérience des meilleures pratiques, et en les adoptants le cas échéant. Nous reconnaissons en particulier la nécessité de traiter toutes les formes de pollution plastique y compris les microbilles. Nous apprécions la contribution positive des coalitions internationales à la lutte contre ces formes de pollution, en particulier le Partenariat mondial sur les déchets marins.

2. Visons la conservation de la biodiversité exceptionnelle de la grande région des Caraïbes, en :
a. Nous efforçant de protéger au moins 10% du milieu marin d’ici 2020 et de mettre en œuvre des mesures de gestion efficaces pour ces zones ;
b. Encourageant la mise en place de mesures pour protéger les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers marins, comme le prévoit le Plan d’action de l’initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) ;
c. Encourageant le contrôle des espèces envahissantes par l’amélioration de la surveillance, et de la capacité d’intervention et de réponse ;
d. Encourageant des mesures visant à réduire les prises accessoires de tortues et d’autres dommages à la faune marine.

3. Renforcerons la coopération scientifique, entre autres grâce à des réseaux d’intervenants, pour relever les défis spécifiques rencontrés dans la grande région Caraïbe, comme la protection de la biodiversité, l’acidification des océans, et la prolifération de sargasses.

4. Encourageons les mesures visant à réduire la pollution par les navires en mer pour protéger la biodiversité, conformément aux instruments internationaux, notamment en :
a. Invitant les acteurs intéressés du secteur privé à contribuer aux objectifs de la convention,
b. Encourageant la ratification et la mise en œuvre de la convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires.

5. Encourageons la ratification ou l’adhésion de toutes les Parties à la convention de Carthagène et à ses protocoles./.

(Source : site Internet du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer)

Appel de Cayenne - Communiqué du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer (Cayenne, 17 mars 2017)

Mme, Ségolène Royal, ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, a présidé un segment de haut niveau de la COP de Carthagène, organisé à Cayenne. C’est une nouveauté portée par la France et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Elle fait suite à la reconnaissance du rôle de l’océan dans les négociations sur le changement climatique, engagée par la présidente de la COP21 lors du sommet de Paris sur le climat en décembre 2015.

Après le plan Méditerranée, la mer des Caraïbes nécessite plus que jamais une prise en compte des impacts de l’activité humaine sur la biodiversité. Il est essentiel de renforcer la coopération entre les 25 États parties pour mettre en œuvre des projets concrets dans l’ensemble de ces territoires pour lutter contre la pollution, protéger la biodiversité et favoriser le développement d’une économie durable.

La déclaration de Cayenne adoptée à l’issue du segment de haut niveau indique les engagements que les États présents sont prêts à prendre :
- l’engagement de lutter contre les pollutions dans la zone, notamment les pollutions plastiques y compris les micro-billes, et en rappelant l’importance du partenariat mondial sur les déchets marins ;
- le développement d’aires marines protégées dans le cadre de la convention de Carthagène pour atteindre 10% dans la zone ;
- la mise en place de mesures pour la protection des récifs coralliens comme dans le plan d’action de l’ICRI ;
- la lutte contre les espèces invasives ;
- le renforcement des réseaux scientifiques ;
- la réduction des pollutions par les navires ;
- la protection de nouvelles espèces emblématiques : raies, requins, merlus, passerin sans pareil ;
- l’ouverture de discussions avec certains pays pour de nouvelles adhésions aux protocoles de la convention voire à la convention elle-même ;
- l’implication plus forte de la société civile et notamment des acteurs économiques.
De son côté, la France, rappelle ses propres engagements :
- lancement d’une coalition sur la lutte contre les plastiques à usage unique, qu’elle a elle-même supprimé depuis le 1er janvier 2017 et appel à tous les États parties à la convention de Carthagène, à la rejoindre ;
- création du Parc naturel marin en Martinique et passage de 4% à 22% des aires marines protégées ;
- intégration du sanctuaire AGOA dans la région en mettant en place des jumelages avec le sanctuaire des mammifères marins de République dominicaine et des Antilles néerlandaises ;
- engagement pour la protection des récifs coralliens dans le cadre de l’ICRI (Initiative internationale en faveur des récifs coralliens) par l’adoption d’un plan d’action ambitieux, protection dans les Antilles françaises de 16 espèces de coraux et 35.000 hectares de mangroves dans la Caraïbe française ;
- arrêté encadrant en Martinique l’approche des mammifères marins et développement de l’usage du dispositif anticollision entre les navires et les cétacés (REPCET) ;
- demande à la Commission européenne de conditionner l’importation de crevettes sauvages à l’équipement des navires de pêche équipés d’un dispositif permettant aux tortues capturées accidentellement de s’échapper (dispositif TED) ;
- soutien à la création, en Guyane, d’une station scientifique sur les tortues marines ;
- lancement d’un plan d’actions eau-assainissement DOM qui a pour objectif d’améliorer le traitement des eaux usées dans la Caraïbe française et de faciliter l’accès à l’eau des populations ;
- mise en place avec des communes de Martinique et de Guadeloupe des premières aires marines éducatives de la Caraïbe. Soutien aux initiatives des petites collectivités pour la création d’aires marines locales./.

(Source : site Internet du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer)

Dernière modification : 21/03/2017

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