Drogue - Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies (19 avril 2016)

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté le 19 avril, le document final de sa session extraordinaire sur la lutte contre la drogue. Ce texte encourage tous les États membres à renforcer leur coopération en vue d’apporter une réponse globale et équilibrée reposant sur la répression, la prévention et le traitement.

La France était représentée à cette session par M. Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports. Nous saluons la capacité de la communauté internationale à dégager un consensus sur ce texte important.

En marge de cette session extraordinaire, M. Kanner a présidé l’événement organisé par la France, l’ONUDC, l’OMS et la Suède pour lancer l’initiative « Listen First ! », dédiée à la prévention, notamment en direction des jeunes./.

Débat général de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial des drogues

Intervention de M. Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports - 19 avril 2016

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

La France souscrit pleinement à la déclaration prononcée par Monsieur le Commissaire Mimica au nom de l’Union Européenne.

L’effet néfaste de l’usage des drogues sur la santé publique, notamment des jeunes, n’est plus à démontrer. L’Organisation mondiale de la Santé l’a encore confirmé dans un rapport récent.
Nous sommes tous conscients de la menace que les trafics de stupéfiants font peser sur notre sécurité et sur l’état de droit. La violence est consubstantielle à ces trafics.
Le trafic de drogue constitue également un des modes de financement de certains réseaux terroristes contre lesquels nous luttons par ailleurs avec la plus grande fermeté, la France est malheureusement bien placée pour le déclarer.

Monsieur le Président,

Face à ce triple fléau, sanitaire, social et sécuritaire, la France met en œuvre une réponse globale et intégrée : lutte contre les trafics et le blanchiment, mais aussi prévention, soins médicaux, et réhabilitation.
Cette approche intégrée est celle prônée par les trois Conventions internationales, qui offrent à la fois un cadre juridique commun pour harmoniser nos législations et organiser notre coopération et la possibilité d’adopter des réponses adaptées au contexte national et régional des Etats parties.
Ces conventions sont le socle de notre engagement, ce socle commun doit se conjuguer avec le respect des droits de l’Homme. La France rappelle son opposition constante et déterminée à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.
Elle appelle également à respecter les engagements internationaux dans le domaine des droits de l’Homme, notamment la convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et le pacte international sur les droits civils et politiques.

En matière de réponse au problème des drogues, je souhaiterais insister sur trois champs d’actions prioritaires dans lesquels mon pays s’investit sans faille.
Premièrement, le domaine sanitaire. La France a développé de nombreux programmes de réduction des risques, qui ont notamment permis de réduire considérablement les contaminations au virus du Sida.
Deuxièmement, la lutte contre les trafics et les flux financiers illicites qui en résultent : en amont, en s’attaquant au détournement de précurseurs chimiques nécessaires à la production des drogues et en renforçant notre coopération policière et douanière ; en aval, en développant la coopération judiciaire afin de démanteler les réseaux, de confisquer le patrimoine des trafiquants et de lutter contre le blanchiment d’argent et la corruption.
Et puis le troisième chantier, la prévention, enfin, qui constitue un élément crucial de notre dispositif car elle est un des moyens de réduire la demande de drogue.

Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président,

C’est dans cet esprit que la France a organisé ce jour, conjointement avec la Suède, l’ONUDC et l’OMS, un événement spécial sur la prévention, Listen First : écoutez, écoutez d’abord pour comprendre, pour agir.

Monsieur le Président,

Quelles que soient nos spécificités nationales, une même préoccupation nous anime : celle d’endiguer le trafic de drogue. Face à la gravité de l’enjeu, nous n’avons d’autre choix que de nous unir.
C’est pourquoi la France se réjouit qu’ait pu être adoptée ce jour par notre Assemblée générale une feuille de route comprenant des recommandations opérationnelles pour répondre aux différentes dimensions du problème mondial des drogues. Il nous appartient maintenant de la mettre en œuvre avec lucidité, avec détermination, tout simplement pour notre jeunesse.

Merci à toutes et à tous./

Événement organisé par la France en marge de la Session Extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGASS) sur le problème mondial des drogues

Intervention de M. Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports - 19 avril 2016

Sa Majesté la Reine Silvia,
Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,
Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le crime,
Madame la Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs

Cette session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au problème mondial des Drogues nous donne une occasion unique d’échanger ouvertement sur les différents aspects de cette problématique, de leur impact sur nos sociétés et de rechercher ensemble des solutions qui prennent en compte toutes les dimensions de la question et toutes les opinions, y compris celles de la société civile, dans un débat qui doit être ouvert et constructif.

Je suis heureux de présider cet événement spécial dédié à la prévention que nous organisons avec l’ONUDC, le Royaume de Suède et l’OMS. L’adhésion de plus de 40 pays à cette initiative montre la pertinence de notre démarche.
Et je tiens à remercier la mission française de lutte contre les drogues et les conduites addictives et sa présidente, qui animera après moi le débat.

Notre objectif premier est de rassembler l’ensemble de la communauté internationale, les gouvernements, les experts de la société civile, autour d’un des piliers de toute politique en matière de drogues qui se veut efficace, celui de la prévention. En effet, malgré les différences dans nos politiques et dans nos approches, je suis convaincu que nous nous accordons tous sur l’importance de faire ce que nous pouvons, ce que nous devons afin de prévenir les conduites à risques chez les jeunes.

Le second objectif de cette démarche est de mettre l’accent sur une approche scientifique de la prévention. Il est donc nécessaire de promouvoir, en les adaptant aux contextes socio-culturels spécifiques, des actions de prévention qui ont fait l’objet d’études scientifiques de plus en plus rigoureuses.
La France a fait de la prévention un axe majeur de sa politique nationale de lutte contre les drogues et les conduites addictives, particulièrement en direction des jeunes, des femmes et des populations en situation de précarité.

Rares sont les jeunes de 17 ans qui n’ont expérimenté aucun des trois principaux produits que sont l’alcool, le tabac et le cannabis. Or, ces consomma¬tions sont d’autant plus dommageables qu’elles se produisent en phase de matu¬ration cérébrale, qu’elles exposent les jeunes à davantage de comportements à risques.

Il est donc essentiel de développer des stratégies validées, conformes aux recommandations internationales, tant en termes de prévention que de soins.
De la petite enfance à la post-adolescence, la prévention des conduites addic-tives doit être conduite avec le souci constant d’empêcher, de retarder ou de limiter les consommations, sans proposer de réponses hygiénistes ou moralisa¬trices, dont on sait manifestement qu’elles sont inefficaces.

Nous devons nous engager également dans un travail de renforcement des compétences psychosociales des jeunes et de celles de leurs parents. Il faut en effet aider les premiers à savoir dire non, et les seconds, les parents, à ouvrir et maintenir le dialogue pour aider les jeunes à s’épanouir.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons adopté ce matin une déclaration qui exprime notre volonté commune de traiter efficacement du problème mondial des drogues et qui contient des engagements importants dans le domaine de la prévention de l’usage.

Je suis très heureux, en ma qualité de ministre du gouvernement français, que cet événement aujourd’hui nous offre un espace pour échanger nos points de vue et nos bonnes pratiques. J’ai maintenant l’immense honneur de donner maintenant la parole à Sa Majesté, la Reine Silvia, dont l’engagement sans faille pour le développement des programmes de prévention à destination de la jeunesse est bien connu en Suède mais aussi en Europe.

Je vous remercie pour votre attention.

Dernière modification : 21/04/2016

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