Dérèglement climatique - Présentation du logo de la Conférence Paris-climat 2015 - Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international

Mesdames et Messieurs, bienvenue.

La période est très particulière mais nous devons continuer notre activité malgré tout. J’ai donc souhaité aujourd’hui vous présenter, même s’il est déjà connu, le logo de la COP21.

Pour les plus observateurs d’entre vous, je sais qu’ils mesureront tout à fait ce que signifie ce logo.

Au milieu, vous avez un bâtiment - je crois qu’il peut être identifié comme étant le ministère des affaires étrangères -, vous avez le symbole de la nature, de la biodiversité, du soleil aussi, tous éléments qui sont nécessaires à la vie des peuples. Pour la tour Eiffel, c’est autre chose, c’est à Paris. Évidemment, si on n’a pas le soleil, à condition bien sûr que la chaleur ne soit pas excessive, si on n’a pas les éléments naturels, on ne peut pas vivre.

Donc, nous avons choisi ce logo qui je pense est simple, compréhensible et qui va nous accompagner tout au long de la COP21.

Je crois qu’il existe également un film que vous avez mis au point qui signifie, chacun le comprendra par lui-même, que toute une série de citoyens à travers le monde veulent qu’il soit agi pour lutter contre le dérèglement climatique et nous pressent à agir.

Vous aurez ensuite peut-être des questions sur l’aspect matériel de la COP21 et aussi bien M. Guignard qui en est le secrétaire général que Mme Tubiana qui mènera tout ce qui concerne les négociations comme moi-même, nous essaierons de vous répondre.

(Projection du film)

Voilà ! Voilà, c’est dans moins de 300 jours. C’est donc dans très peu de temps, avec un enjeu considérable et un travail également considérable. Mais nous mettrons toute notre énergie. Quand je dis « nous », bien sûr il y a l’aspect proprement français puisqu’il faut que la France défende ses positions, elle le fera au nom de l’Europe, c’est Mme Royal qui est chargée de cela. Et puis, il y a la COP proprement dite, en tant qu’organisation, que nous devons mener à bien, accueillir et en ce qui me concerne, présider avec bien évidemment l’ensemble des pays du monde.

Nous nous mettons en ordre d’actions pour tout cela. Je rappelle que la COP21 sera la plus vaste conférence que la France aura jamais organisée avec 40.000 personnes, 3. 000 journalistes et, surtout, avec un enjeu énorme. C’est un enjeu pour toute la planète en en particulier pour les jeunes, c’est la raison pour laquelle je suis très heureux qu’un certain nombre de jeunes aient eu la gentillesse de venir cet après-midi pour cette présentation qui est purement factuelle. Nous aurons de très nombreuses occasions de nous revoir.

Je rappelle que la COP21 sera la plus vaste conférence que la France aura jamais organisée avec 40.000 personnes, 3.000 journalistes, donc vous ne vous sentirez pas seuls et surtout avec un enjeu énorme. C’est un enjeu pour toute la planète en particulier pour les jeunes, c’est la raison pour laquelle je suis très heureux qu’un certain nombre de jeunes aient eu la gentillesse de venir cet après-midi pour cette présentation purement factuelle. Nous aurons de très nombreuses occasions de nous revoir.

Q - Le président de la République a indiqué au cours de ses voeux aux Français qu’il s’agissait d’une conférence qui réunirait tous les chefs d’État et de gouvernement. Est-il prévu de tous les inviter ?

R - Bien évidemment, comme tous les pays du monde sont invités, chaque gouvernement choisit qui le représentera. S’il advenait qu’un pays souhaite être représenté par son président, il le peut parfaitement et il est possible également qu’il y ait, soit avant la COP, soit pendant la COP, telle réunion où il y aura de très nombreux chefs d’État. C’est très important parce qu’il y a nécessité d’une impulsion politique donnée dès le début et ensuite poursuivie pour aboutir à un bon résultat.

Maintenant, il y a également un aspect de la COP qui est un aspect technique et ministériel. Pour ceux d’entre vous qui connaissent le fonctionnement de ces réunions, ce sont des réunions qui durent une quinzaine de jours où il y a toute une série d’analyses techniques. Ensuite, les ministres compétents se retrouvent.

Quant à la question de savoir à quel moment tel ou tel chef d’État et qui plus est, une réunion de chefs d’État se produira, c’est une question ouverte. Ce qui est certain en tout cas, c’est qu’il y aura des occasions multiples où les chefs d’État vont être présents. On sait d’ores et déjà que lors du G20 et lors du G7, ces questions, en l’occurrence la question du climat et la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, ces questions seront abordées. Il y aura également des réunions internationales pour savoir si un jour précis, il y aura une assemblée plus large ou si ce sera dans une période plus étendue. Les choses restent encore ouvertes.

Toute l’année, puisque vous avez évoqué le président français, il aura l’occasion d’avoir des conversations avec ses homologues, soit parce que lui-même se déplacera à l’étranger, soit parce qu’il accueillera des chefs d’État et de gouvernement. C’est un exercice qu’il a commencé à pratiquer et que nous serons plusieurs à pratiquer. Moi-même, bien sûr, j’aurai à me déplacer énormément pour essayer de faire avancer les résultats de la COP.

Je travaillerai étroitement avec mon prédécesseur M. Manuel Pulgar Vidal, le président péruvien de la COP20, qui a fait un excellent travail. Nous sommes tombés d’accord pour travailler ensemble pour la préparation de cette COP21.

Q - Pouvez-vous nous repréciser les quelques grands rendez-vous qui vont ponctuer l’année avant la conférence de paris en décembre ?

R - Il y en a beaucoup. Ce sont des instances très compliquées. Certains rendez-vous ont pour objectif de discuter sur les textes ; ce sont des rendez-vous dits « ADP ». L’un d’entre eux aura lieu dès le mois de février. Ensuite, il y en aura un autre en juin. Cela aura pour but d’avancer sur la rédaction des textes proprement dit.

Ensuite, il y a d’autres réunions, qui sont spécialisées. Par exemple, à Davos qui aura lieu dans quelques jours, il y aura beaucoup de chefs d’État et de gouvernement, et de responsables d’entreprises qui seront présents - M. Ban Ki-moon sera là - pour avancer sur ces questions du climat. Il y aura des réunions centrées sur l’aspect financier ; la dimension du financement est en effet très importante. Classiquement, vous avez là des réunions que l’on nomme « MEF » ou des réunions que nous allons essayer de coupler avec les réunions de la Banque mondiale et du FMI.

Ensuite, il y a des réunions qui sont davantage géographiques, il y aura un grand sommet africain, à l’été, et des questions qui concernent d’autres zones géographiques. Il y a aussi des rencontres qui réuniront des collectivités locales. Par exemple, pour ne parler que de la France, il y a une réunion prévue à Paris qui sera extrêmement vaste ; une autre est prévue aussi à Lyon où seront conviées des collectivités locales du monde entier.

Il y aura des réunions prévues pour rassembler les pays d’Amérique du Sud, des réunions prévues pour les petites îles, ce que l’on appelle les AOSIS. Il y aura aussi beaucoup de réunions concernant les entreprises car notre idée est d’avoir, en même temps que la réunion de la COP, qui doit aboutir à des textes, ce que l’on appelle un « agenda des solutions » où on avancera sur les questions qui concernent les collectivités publiques les entreprises et le financement.

Il y aura des réunions plus spécialisées, des réunions de scientifiques par exemple. J’ai à l’esprit une réunion qui aura lieu en juillet à l’UNESCO, la réunion de l’organisation météorologique mondiale.

Il y a une somme impressionnante de réunions et ce dont il s’agit, c‘est de faire converger tout cela.

Il est aussi question qu’il y ait un événement de haut niveau sur le dérèglement climatique organisée par le président de l’Assemblée générale des Nations unies à la fin du mois de juin.

Voilà quelques éléments parmi d’autres.

Q - Vu que le pétrole continue de baisser, voyez-vous cela comme quelque chose qui peut compliquer ou faciliter un accord et pourquoi ?

R - L’un et l’autre. Mme Tubiana a dit - je pense que c’est tout à fait exact - que c’était un élément ambivalent. Si on regarde les choses de façon immédiate, à partir du moment où les énergies fossiles en l’occurrence le pétrole, sont moins chères, ce ne sera pas une grande incitation pour détourner les énergies fossiles. D’une certaine manière c’est vrai. Mais d’un autre côté, on peut considérer que les pays les plus prévoyants vont utiliser les économies qu’ils réalisent, à partir du moment où le pétrole est moins cher, pour consacrer ces économies, de manière vertueuses, au développement d’énergies alternatives ou d’économies d’énergie.

Donc, les deux thèses peuvent être soutenues et il est possible d’ailleurs qu’il y ait une partie de ces deux thèses, comme parfois la réalité est contradictoire. Il faut bien avoir à l’esprit que pour nous, et nous essaierons de travailler dans le sens de la fixation du prix du carbone. Vous savez que c’est une idée très importante, si on veut diminuer la place des énergies fossiles, il faut qu’à partir de la situation existante, on développe les énergies alternatives et les économies d’énergies.

Q - Qu’est-il prévu pour la société civile et encore plus pour les gens qui viendraient par milliers pour suivre des marches qui seraient organisées ? On va les canaliser, les parquer ?

R - Je ne suis pas sûr que l’expression « les parquer » correspondent ni à ce qu’ils souhaitent, ni à ce que nous voulons faire. Mais M. Guignard peut peut-être donner des indications sur cette mention de la société civile.

R - Pierre-Henri Guignard, secrétaire général de la COP21 - Une des particularités de la COP21 va être précisément d’associer très largement la société civile et de l’associer sur le site même de la conférence, contrairement à d’autres COP où la société civile se trouvait à l’écart, à une certaine distance et où il était parfois compliqué pour les délégués de venir participer à des évènements impliquant la société civile.

Ce que le comité de pilotage ministériel a souhaité dès le départ, c’est justement cette présence et cette présence sur le site de la conférence.

Bien évidemment, les États souverains négocient, ce n’est pas la société civile qui négocie, mais elle est impliquée et souvent à l’origine d’un certain nombre de réflexions et, donc, elle doit avoir sa place. Elle est identifiée par les Nations unies en neuf piliers : les entreprises, les ONG, les syndicats, les collectivités territoriales, les agriculteurs, les femmes, les jeunes, j’en oublie...

Nous allons créer un village qui sera entièrement et directement accessible à l’ensemble des délégués et où les représentants de la société civile pourront échanger avec les délégués. Et ce village sera aussi ouvert au public, c’est-à-dire à ceux qui ne sont pas badgés, qui ne participent pas directement à la conférence mais qui sont concernés et qui vont venir.

Les chiffres que vous a donnés le ministre il y a un moment, c’est-à-dire à peu près 40.000 participants, cela veut dire 20 à 22.000 délégués porteurs de badge participant à la conférence à un titre ou à un autre et à peu près 20.000 personnes qui, spontanément vont venir s’associer à cette réflexion, en être les témoins et apporter leur contribution.

R - Le ministre - J’ajoute - et vous avez tout à fait raison de poser les questions très concrètes car c’est cela qui est intéressant - que, bien évidemment, nous allons faire le maximum pour que cette conférence soit amie de l’environnement, pas seulement par son thème mais par ses modalités concrètes, c’est-à-dire en matière de transport, en matière de si je puis dire construction du site, en matière de nourriture, dans d’autres domaines. Notre mission, en travaillant bien sûr étroitement avec les Nations unies là-dessus, c’est de faire en sorte que cette conférence, pas seulement par ses thématiques mais par son déroulement, soit exemplaire en matière d’environnement.

Q - La conférence va bien être au niveau du sommet ? Les chefs d’État y sont-ils officiellement invités ou pas ?

R - Oui. Mais il en va de même pour toutes les COP. De ce point de vue-là, la conférence qui aura lieu à Paris n’est pas différente. Ce sont les pays qui sont invités. Il y en a 195 et il y a 196 parties, puisque l’Union européenne est elle-même une partie.

Après et au moment où il faut se prononcer pour les votes, ce sont les pays qui se prononcent et les pays ont les représentants qu’ils souhaitent. Ce sont les ministres de l’environnement, les ministres des affaires étrangères, cela dépend des cas. Et puis, il y a des aspects techniques.

Mais, évidemment, il arrive souvent qu’il y ait des chefs d’État ou de gouvernement qui soient là. Et puis il arrive, et c’est tout à fait envisagé, que, selon des formes à définir, on ait besoin de rassembler ces chefs d’État et de gouvernement pour donner une impulsion politique. Ce ne sont pas eux qui vont discuter dans les détails de telle ou telle formule. Mais il y a besoin d’une impulsion puisque vous connaissez la réalité du problème, c’est qu’il faut essayer de rester en-dessous des 2°C et le spontané va bien au-delà ; c’est cela la réalité. Donc, nous avons besoin d’une impulsion politique et ce sont les chefs d’État et de gouvernement qui sont les mieux placés pour donner cette impulsion. Alors, à quel moment cela interviendra et selon quelles modalités ? Cela dépendra à la fois des organisateurs, cela dépendra bien sûr du président de la République française et puis de la façon dont se déroulent les négociations.

R - Mme Laurence Tubiana, représentante spéciale pour cette conférence Paris Climat 2015 - Juste un point : la conférence des parties est une conférence des parties, ce n’est pas un sommet. Puisque nous avons tout de même le souvenir encore frais de Copenhague et nous ne voulons pas reproduire cette précipitation d’essayer de négocier avec des chefs d’État. C’est à éviter, tous les pays du monde sont absolument d’accord pour éviter ce scénario. Et, bien sûr, le reste c’est choisir le moment de l’impulsion politique.

Je voudrais vous dire peut-être quelque chose sur lequel vous n’avez pas tous forcément prêté attention, c’est que l’idée de conduire cette année de travail conjointement avec le Pérou dès ce mois de janvier - et cela se traduit y compris par l’inclusion dans l’équipe française de membres de l’équipe péruvienne, donc nous sommes vraiment ensemble - a pour vocation de donner non pas seulement le sentiment mais de nous donner collectivement la compréhension d’un accord qui soit partagée par les pays en développement et les pays développés. C’est une première, cela n’est jamais arrivé.

D’habitude les présidents se succèdent. Nous, nous avons décidés de travailler ensemble depuis le début jusqu’à la fin. C’est un signal politique très important et nous allons le traduire dans les faits, notamment en installant un certain nombre de consultations informelles, en France, bien sûr, mais aussi au Pérou d’ici le mois de juillet. Un dernier élément, ce que l’on cherche quand même, le 12 décembre à Paris, c’est d’avoir un accord juridiquement contraignant sur lequel ce sera les parties qui se seront accordées. Il y a plusieurs options sur la table, des contributions qui feront la première marche de ce chemin vers l’économie sans carbone et un plan d’action pour accélérer cette démarche et pour relever l’ambition. Il faut montrer que c’est possible, que cela va coûter moins cher si on le fait ensemble et c’est ces trois dimensions du paquet de Paris qu’il faut maintenant mettre dans les esprits, aussi bien dans ceux de la société civile que dans ceux du gouvernement.

R - Le ministre - J’ajoute que moi-même j’ai été présent à la COP de Doha, à celle de Varsovie ensuite, à la COP de Lima. Je commence donc à sentir peut-être ce qu’il faut faire ou ce qu’il faut éviter de faire. Du même coup je vois bien que ce qu’on attend de la présidence. La présidence doit être d’abord à l’écoute des uns et des autres. Il y a 196 parties, il ne s’agit donc pas d’imposer tel ou tel élément ; nous n’en avons ni la capacité, ni la volonté. Il s’agit d’abord d’être à l’écoute.

Ensuite et parallèlement, il faut être ambitieux parce qu’il ne s’agit pas de se réunir pour se réunir, il s’agit de se réunir pour faire en sorte que la vie devienne, reste encore vivable sur la planète. Cela passe par une action extrêmement forte contre les émissions de gaz à effets de serre. Il faut être ambitieux et ce sera aussi mon rôle d’être à l’écoute et d’être ambitieux.

Ensuite il faut avoir le sens du compromis et c’est probablement sans doute pour cela que l’on a choisi un diplomate ; ce qui n’est pas la première fois d’ailleurs, c’était déjà le cas à Durban. Il faut essayer de rassembler tout cela : à la fois être à l’écoute des uns et des autres, être ambitieux dans le but que nous poursuivons et, en même temps, faciliter les compromis.

Voilà qu’elle sera ma feuille de route

Q - (Sur la menace terroriste)

R - Le terrorisme, malheureusement, est une réalité internationale qui existe à travers effectivement tous les pays du monde. On voit cela dans différents domaines lorsque l’on organise des Jeux olympiques, lorsque l’on organise des expositions universelles. Il y a donc, bien sûr, des précautions à prendre et elles seront prises très fortement, mais il ne faut pas mélanger tous les éléments.

Q - Monsieur le Ministre, je voudrais rebondir sur la question sur le pétrole. Une étude très récente sortie dans la revue Nature, rappelle qu’il faudrait en gros que 25 % du pétrole reste sous terre, 50 % du gaz et 80 % du charbon si on veut imaginer rester en-deçà des 2°C. Je voulais évoquer cette question en disant que c’était véritablement l’objectif. Les discussions qui ont été menées jusqu’à présent vous permettent-elles de penser qu’un tel scénario est possible ?

R - Il est vrai, et vous avez tout à fait raison de le souligner, et peut-être que l’opinion publique n’en a pas conscience, que rester sous les 2°C, ce qui occasionnera déjà des dégâts, est déjà très difficile.

Je prends - mais cela revient au même - une autre comparaison que celle que vous avez prise : on estime que durant les dix premières années du siècle, entre 2000 et 2010, on a déjà consommé 50 % de la marge - si je puis dire - d’émission de gaz à effet de serre dont on dispose encore si l’on veut rester sous les 2°C. C’est donc une autre manière de dire ce que vous avez dit.

Que doit-on en tirer comme conséquence ? Non pas de baisser les bras car, comme je le dis souvent, de toutes les manières il n’y a pas de solution de rechange puisqu’il n’y a pas de planète de rechange. Donc, nous sommes absolument obligés de faire le maximum pour réussir.

Simplement, cela nous rend extrêmement exigeants et il faut que nous expliquions autour de nous, pas seulement bien sûr en France mais à tous les pays du monde, que c’est à la fois une nécessité d’aller dans ce sens-là mais que c’est très difficile. Je ne tire pas du fait que c’est très difficile la conséquence qu’il faut baisser les bras. Parce que, je le dis souvent : ni climato-scepticisme - maintenant les scientifiques ont établi après les travaux du GIEC que c’était une réalité -, ni climato-fatalisme. On ne peut pas dire : « oui, il y a un énorme problème, mais, désolé, on n’y peut rien ». Il faut, au contraire du climato-volontarisme et nous souhaitons faire partager ce climato-volontarisme à tous les pays du monde. La société civile, les entreprises, les collectivités publiques vont, nous l’espérons, beaucoup nous aider.

Voilà. Nous aurons beaucoup l’occasion de nous voir et je m’en réjouis. Nous sommes à votre disposition, l’équipe : le secrétariat général, sous la direction de M. Guignard ; Laurence Tubiana, pour tout ce qui est la partie négociations ; et bien sûr mes collègues français, qui vont aussi nous aider, même si c’est la dimension française, sont aussi à votre entière disposition.

Q - Le climat demeure une priorité ?

R - C’est une priorité absolue. Il est vrai que les évènements aujourd’hui nous poussent à avoir tout à fait autre chose en tête mais je pense qu’il faut continuer à faire son travail, justement pour résister aux terroristes. Deuxièmement, concernant la question du climat, les gens commencent à prendre conscience que c’est une question absolument majeure.

La question qui est posée, c’est est-ce que l’on va pouvoir encore vivre correctement sur terre, pas seulement nous les Français mais l’ensemble des pays du monde ?

Si on veut arriver à cela - c’est indispensable, il n’y a pas de solution de rechange car il n’y a pas de planète de rechange -, il faut qu’en termes de ce qu’on appelle les émissions de gaz à effet de serre, on diminue ces émissions pour rester en-dessous de 2°C d’augmentation de la température.

Durant toute l’année, nous allons donc, avec la totalité des pays du monde, travailler pour aboutir - nous l’espérons -, au mois de décembre de cette année à Paris, au premier accord universel sur le climat. C’est très compliqué à faire parce qu’il faut que chaque pays donne du sien, à commencer par les pays les plus pollueurs, mais c’est absolument indispensable.

C’est la France qui accueille cette conférence que je présiderai ; on nous a confié cette responsabilité énorme. Vous avez vu que le président français est très engagé dans ce sens. Il va falloir travailler avec tous les pays du monde. Ce travail - qui a déjà commencé, qui a déjà été en partie mené par mon prédécesseur, le ministre péruvien, que je vais continuer avec lui -, il faut que nous le réussissions à la fin de l’année./.

Dernière modification : 21/01/2015

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