Forum économique franco-brésilien (Paris, 20 mai 2014)

Le deuxième forum économique franco-brésilien s’est tenu le 20 mai à Paris. Il a été clôturé par M. Laurent Fabius.

Ce forum a été lancé par le président de la République lors de sa visite d’État au Brésil en décembre 2013. Il a vocation à réunir chefs d’entreprises et administrations des deux pays, afin de promouvoir les coopérations concrètes et d’encourager les investissements réciproques entre nos deux pays.

Fleur Pellerin, secrétaire d’État chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, et Mauro Borges, ministre brésilien du développement, de l’industrie et du commerce extérieur, ont ouvert les travaux. Le forum s’est poursuivi par une rencontre entre entreprises ("B to B") au Quai d’Orsay, en présence de Jean-Charles Naouri, représentant spécial pour le développement des relations économiques avec le Brésil. Trois thèmes ont été abordés lors de tables-rondes : chimie du végétal, infrastructures intelligentes et tourisme.

Brésil - Forum économique France/Brésil - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international (Paris, 21/05/2014)

Monsieur le Ministre, Cher Ami

Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents,

Mesdames et Messieurs les Représentants des entreprises,

Cher Jean-Charles Naouri

Mesdames et Messieurs,

Je suis extrêmement heureux de vous accueillir au Quai d’Orsay. Je me rappelle très bien la visite d’État du président Hollande au Brésil et, à cette occasion, nous avions lancé officiellement le Forum économique France-Brésil. Mais aujourd’hui c’est grâce à vous que ce Forum est une réalité et je veux saluer le travail accompli.

Vous allez bientôt avoir la Coupe du Monde. Le commerce présente un avantage sur le football, c’est qu’à la fin du match il peut y avoir deux gagnants, alors que dans le football c’est plus compliqué. Avoir deux gagnants c’était l’enjeu de cette journée. Vous l’avez construite autour de trois temps forts complémentaires : les rencontres organisées dans la matinée par la CNI et par le MEDEF ; les ateliers thématiques qui se sont tenus cet après-midi autour des priorités identifiées ; et les rencontres institutionnelles tenues à Bercy, également cet après-midi, sur des sujets d’ordre réglementaire ou législatif.

* *

Les idées que nous partageons tous sont assez simples.

En 2006, nous avons conclu un partenariat stratégique qui a permis des avancées. Ainsi, la France est aujourd’hui le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les États-Unis. Il y a de nombreux transferts de technologie et le volume de nos échanges a doublé pour atteindre près de 9 milliards d’euros. Avec environ 30 milliards d’euros de stocks, la France est un investisseur important au Brésil. Je pense que les entreprises brésiliennes ont parfaitement compris l’intérêt de s’installer en France. Il y a par exemple le projet très intéressant du centre d’affaires international à proximité de l’aéroport de Roissy.

Mais il y a encore trop de freins au développement de ces échanges. Jean-Charles Naouri en a identifié plusieurs et il va falloir les faire sauter. Il y a des aspects fiscaux, financiers, douaniers. Le premier objectif est de rendre les choses plus fluides.
Deuxièmement, il faut que nous diversifiions nos échanges. Il y a des secteurs dans lesquels nous sommes très bons comme l’énergie, les transports, le spatial, l’informatique, la grande distribution, les secteurs cosmétiques ou pharmaceutiques. Et nous avons d’autres secteurs qui sont prometteurs sur lesquels il faut mettre l’accent comme l’urbanisme ou les énergies propres.

Il y a aussi des projets conjoints avec des pays tiers en Amérique latine, en Afrique francophone et en Afrique lusophone. Des partenariats existent déjà, au Mozambique, par exemple.

Lors de notre entretien nous avons beaucoup insisté sur le domaine de la formation et des ressources humaines. Il y a ce magnifique programme brésilien « sciences sans frontières », et la France est aujourd’hui le troisième pays d’accueil de ces étudiants. Mais il faut aller plus loin et en particulier engager vite la question, déjà lancée, de la reconnaissance réciproque des diplômes.

Et il y a de nombreux domaines identifiés autour desquels les professionnels des deux pays se sont rencontrés autour de projets concrets. Ainsi en est-il dans les domaines des infrastructures intelligentes, de la chimie verte ou du tourisme et beaucoup de projets sont en gestation.

Et que ce soit avec la BPI ou l’AFD en France et la BNDES et la FINEP au Brésil, il y a moyen de tirer le meilleur parti de nos instruments financiers.

Je sais, Monsieur le Ministre, que vous partagez mon sentiment que cette journée a été un plein succès. L’objectif est simple : nos président et présidente nous ont dit, au mois de décembre dernier, qu’il fallait que nous doublions nos échanges dans les dix ans à venir. Si on le fait avant ils ne nous le reprocheront pas. Ce Forum y a contribué et, compte tenu de son succès, je crois comprendre que la 3e édition est en gestation.

Je veux vous remercier personnellement d’être venu ici, et remercier aussi tous nos amis brésiliens et français d’être présents. Et nous vous souhaitons beaucoup de succès sur les plans de l’économie, du commerce et du football - et sur ces terrains je n’ai pas d’inquiétude pour vous.

Vive l’amitié entre le Brésil et la France !./.

Brésil - Communiqué du ministère de l’économie, du redressement productif et du numérique (Paris, 20/05/2014)

Arnaud Montebourg, ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, a rencontré ce jour son homologue brésilien Mauro Borges, ministre du développement, de l’industrie et du commerce extérieur, à l’occasion du forum économique franco-brésilien.

Les échanges bilatéraux entre la France et le Brésil ont plus que doublé en dix ans, mais on observe récemment une tendance moins favorable (-8,3% en 2013). Arnaud Montebourg a donc formulé le souhait d’une redynamisation des échanges, appuyée sur un partenariat global et équilibré, fondé sur la réciprocité. Les deux ministres ont renouvelé leur souhait d’approfondir leur partenariat dans des secteurs clés tels que l’énergie, les transports ou les nouvelles technologies. Ils ont appelé de leurs voeux la concrétisation de deux projets importants de coopération : le projet de supercalculateur, porté par l’entreprise Bull pour doter le Brésil d’une capacité de calcul indispensable pour l’exploration des gisements de pétrole, et le projet de câble sous-marin Fortaleza-Lisbonne porté par les sociétés Telebras et Isla-Link Submarine Cables, pour lequel la société française Alcatel-Lucent est bien positionnée.

Cette rencontre a également été l’occasion pour les deux ministres de signer une déclaration commune d’innovation entre la France et le Brésil, visant la mise en place du premier appel à propositions conjoint en matière de recherche et de développement industriel. Cet appel à projets permettra l’élaboration de projets innovants et de partenariats technologiques entre les entreprises des deux pays, auxquels pourront être associés des universités, des centres de R&D et des pôles de compétitivité. Un co-financement BPI/BNDES devrait être mobilisé en soutien à ces projets, qui se concentreront essentiellement dans les secteurs des nouvelles technologies, des biotechnologies et du secteur pétrolier.

Pour Arnaud Montebourg, « Le renforcement des liens entre la France et le Brésil doit s’inscrire dans une relation respectueuse de nos intérêts industriels respectifs. Les investisseurs brésiliens sont les bienvenus en France et nous saurons construire avec eux de véritables alliances. »

(Source : site Internet du ministère de l’économie, du redressement productif et du numérique)

Dernière modification : 22/05/2014

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