Peine de mort - Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international (Washington, 13/05/2014)

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Q - Sur la peine de mort, je crois que c’était l’un de vos objectifs quand vous êtes arrivé. Il y a ce soir une exécution au Texas, il y a eu un certain nombre d’exécutions et de problèmes. Qu’est-ce que la France fait et l’Union européenne, est-ce que vous pourriez détailler ? Vous parliez de l’intérêt d’aller dans les provinces américaines. Vous aimez Chicago. Iriez-vous jusqu’à boycotter le Texas ?

R - Écoutez, j’étais à Chicago hier et j’ai félicité le gouverneur de Chicago, puisqu’il a fait passer une loi qui désormais interdit, comme le savez, dans l’Illinois, la peine de mort. C’est un combat très difficile, de longue haleine. Vous avez vu un certain nombre de situations abominables récemment, je crois que c’était dans l’Oklahoma, où du coup a été décidé pendant un certain temps un moratoire. C’est un combat très difficile mais très important et qui correspond aux valeurs de la France.

Chaque année, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies - et je le ferai de nouveau au mois de septembre lorsque je serai là-bas -, je réunis, en général avec deux ou trois collègues d’autres continents, tous ceux qui sont opposés à la peine de mort pour élargir le cercle, soit des pays qui pratiquent un moratoire, soit des pays qui ont complètement aboli la peine de mort. À chaque fois, nous disons la même chose : le caractère de dissuasion de la peine de mort n’existe pas. C’est absolument prouvé et avéré. D’autre part, par définition, lorsqu’il y a des erreurs judiciaires - malheureusement, des erreurs existent, on en a encore vu dans le passé - la peine de mort lorsqu’elle est prononcée, appliquée, aboutit évidemment à une situation inadmissible.

Et enfin, il y a cette question philosophique : est-ce qu’une société a le droit de retirer la vie à quelqu’un ? La France, quels que soient d’ailleurs les gouvernements, depuis la décision historique prise sous le gouvernement de François Mitterrand, auquel je participais, est contre la peine de mort. Je demande à tous les ambassadeurs de France, partout, donc ça vaut aussi bien sûr pour l’ambassadeur des États-Unis, selon des formes à définir, d’expliquer quelle est la position de notre pays et d’essayer de faire progresser ce combat.

(...)./.

Dernière modification : 14/05/2014

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