Intervention de l’Ambassadeur au nom de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et de la France pour la journée de l’Europe, lors du conseil permanent de l’OEA du 7 mai 2014

L’Ambassadeur Jean-Claude Nolla, Observateur permanent de la France auprès de l’OEA, est intervenu lors du Conseil permanent de l’OEA le 7 mai, au nom de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, afin de célébrer la journée de l’Europe.

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Intervention de l’Ambassadeur

Mme la Présidente,
M. le secrétaire général,
Mmes et MM. les représentants permanents,
Chers collègues,

Le 9 mai est la journée de l’Europe, c’est une manifestation de la présence de l’Union européenne au même titre que l’hymne européen ou le drapeau ou l’euro. Permettez-moi, au nom des quatre pays présents ici, Allemagne, Espagne, Italie et France, mais aussi en pensant à tous les autres pays européens, de revenir sur le sens de cette journée du 9 mai.

Comme vient de le rappeler le représentant permanent du Costa Rica, avec science, intelligence et amitié, c’est un peu comme un anniversaire. Il y a 64 ans aujourd’hui la première pierre de la construction européenne était posée. Le 9 mai 1950, le ministre des Affaires étrangères français, Robert Schuman, faisait une déclaration qui allait changer l’Europe et le monde. Il proposait la création d’une communauté européenne du charbon et de l’acier : la première communauté européenne !

La suite vous est connue.

D’abord le succès dès le début et jusqu’à ce jour de la construction européenne, ce n’a pas toujours été facile et ce n’est toujours pas simple : je cite la déclaration qui avertit que « l’Europe ne se fera d’un coup, ni dans un mouvement d’ensemble, mais par des réalisations concrètes créant une solidarité de fait ». L’union est passée de six Etats fondateurs à vingt-neuf aujourd’hui, marquant ainsi la victoire de la démocratie et le retour de l’Europe dans le cours de sa géographie. Avec ces quelques 500 millions de citoyens, l’Union est aujourd’hui la première puissance économique mondiale.

Il y a aussi, dès le début, la contribution à la paix et à la sécurité : je rappelle –et cela témoigne de la lucidité de ces concepteurs- que la déclaration s’ouvre par ces mots « la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans efforts à la mesure des dangers qui la menacent ». Cette contribution s’incarne en Europe, avec la réconciliation, mais aussi dans le monde. C’est cela qui a valu à l’Union européenne le prix Nobel de la paix, il y a un peu plus d’un an. C’est une responsabilité lourde. Elle a une traduction notamment financière : l’Union est le premier contributeur en matière de coopération internationale et d’aide publique au développement. L’Union et ses Etats membres représentent plus de 55% de l’aide mondiale, c’est le tout premier bailleur mondial avec un montant collectif de près de 80 milliards de dollars annuels.

Mais, comme l’a souligné l’Ambassadeur Edga Ulgade Alvarez, ce qui fut et reste extraordinaire dans l’histoire de cette déclaration, c’est qu’elle est faite cinq ans, jour pour jour, après la fin de la seconde guerre mondiale. L’Europe est un champ de ruines. Il faut imaginer nos peuples déchirés, meurtris, blessés, ensanglantés. Il faut se souvenir des millions de morts, des deux guerres meurtrières et barbares–trois entre la France et l’Allemagne - en quelques décennies. Il faut imaginer le deuil, la douleur et la colère et le ressentiment. Et dans ce contexte, il y a eu des hommes et des femmes, je songe à Jean Monnet, à Alcibiade de Gasperi, à Konrad Adenauer, pour parler de réconciliation, pour vaincre la pente de leur histoire, pour construire un avenir qui s’émancipe de l’histoire sans en oublier les leçons. Ils ont su convaincre. C’est cela le sens du 9 mai. C’est un enseignement universel.

Dans quelques jours, les Européens vont élire leur parlement. Espérons qu’ils soient fidèles à cet héritage.

Ici, je sais que vous avez, nous avons cette fidélité. Dans le fond, c’est le partage de valeurs communes qui tisse la relation et la solidarité entre l’OEA et l’Union, entre ses Etats-membres. Nous avons une fierté et un honneur particuliers de le faire travaillant avec vous au sein de l’OEA.-

Merci de votre attention ./.

Dernière modification : 07/05/2014

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