Intervention de l’Ambassadeur à l’occasion de sa première participation au conseil permanent de l’OEA Salle Simon Bolivar 7 août 2013

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Intervention de l’Ambassadeur
à l’occasion de sa première participation au conseil permanent de l’OEA
Salle Simon Bolivar
7 août 2013

Monsieur le président,
Monsieur le secrétaire général,
Monsieur le secrétaire général adjoint,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs représentants permanents, Chers collègues,

Merci de votre chaleureuse bienvenue.

Je ne voudrais pas vous lasser. Lundi, j’ai eu l’occasion d’une présentation. Hier j’ai participé à la très belle fête nationale de Bolivie. Aujourd’hui vous m’invitez à m’adresser au Conseil permanent. Je me sens formidablement accueilli !

La France, vous le savez, considère qu’il y a un lien stratégique majeur de part et d’autre de l’Atlantique. Entre vos pays et le mien, entre l’Europe et votre continent, nous avons une culture politique commune. Nous avons une conception commune de la démocratie, de l’Etat de droit, des droits de l’homme. Cela ne signifie pas qu’il y ait accord sur tout, qu’il n’y ait pas de débat entre nous, entre vous, mais que nous disposons d’un langage commun qui permet le débat et prépare l’accord.

Cette situation est une exception. A l’échelle de la planète l’idée que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » n’est pas un bien commun. Ça l’est pour vous, ça l’est pour nous, mais il est bien des lieux où cette idée non seulement ne s’incarne pas, mais où elle n’a tout simplement pas cours.

Sur la base de notre expérience démocratique, nous pouvons ensemble affronter les défis de la mondialisation et aider à l’émergence d’un monde citoyen juste et équitable, libre et solidaire. Ce n’est pas acquis d’avance, c’est un combat.

De ce point de vue l’exemple de l’OEA est une raison d’optimisme.

Si l’on fait le bilan de votre organisation, il est formidablement éloquent. Avec discrétion, obstination, conviction et détermination, avec pragmatisme aussi, souplesse et efficacité, l’OEA et sa sœur ainée créé à la suite de la première Conférence américaine réunie à Washington… -je ne sais pas si je dois citer le congrès amphictyonique de Panama à l’initiative de Simon Bolivar, sous le regard duquel je m’exprime- ont contribué par leurs réalisations à créer un continent de paix, de justice et de droit, de démocratie.

Ce n’est pas une mince affaire. Je le dis comme Français, comme Européen qui sait ce que les guerres, les conflits et les barbaries nous ont coûté durant cette même période. Je le dis admiratif de vos accomplissements.

Monsieur le Président
Monsieur le secrétaire général,
Monsieur le secrétaire général adjoint,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs représentants permanents, Chers collègues,

Qu’il me soit permis de saluer vos pays, qui collectivement ont permis ce succès, et les femmes et les hommes qui y ont participé, ainsi que vous tous qui poursuivaient l’œuvre engagée.

La France entend continuer son action dans les grands piliers de l’Organisation : les droits de l’homme, la démocratie, la sécurité et l’Etat de droit.

- En matière de démocratie, nous participons activement au Fonds d’observation électorale de l’OEA et aux missions déployées par l’Organisation en y associant des observateurs français, français d’Amérique notamment,

- En matière de droits de l’Homme, notre pays apporte un soutien politique et financier constant au Système interaméricain des droits de l’Homme, tant à la Commission qu’à la Cour, ainsi qu’à la Commission interaméricaine des femmes la CIM pour son action en faveur des femmes sur le continent.

- En matière d’Etat de droit, la ministre de la Justice, Mme Taubira a signé, en novembre dernier à Quito, l’adhésion de la France au réseau de coopération judiciaire entre la France et l’OEA.

- En matière de sécurité, la France travaille avec l’OEA à la lutte contre le fléau des drogues, dont le Président de la république, M. François Hollande, a fait une priorité, parce qu’en déstabilisant le continent américain, l’Europe ou l’Afrique, il constitue une menace pour le monde dans son ensemble. Elle s’associe également, via la MAPP, aux efforts de l’OEA pour promouvoir le processus de paix en Colombie.

Avec votre concours, c’est à ce travail de lien, de trait d’union entre la France et le Continent, entre l’Europe et les Amériques que cette Mission entend continuer à s’employer, notamment dans la perspective de rapprocher les systèmes européen et interaméricain des droits de l’Homme.

Pour me limiter à quelques exemples, c’est à ce titre qu’un magistrat français travaille à plein temps à San José comme assistant technique auprès de la cour, que dans quelques jours, la directrice de l’Ecole de droit de la Sorbonne participera aux cours de droits organisée par l’OEA à Rio, qu’une délégation de la CIDH est venue présenter, à Paris et à Strasbourg, le travail du Système interaméricain en matière de droits de l’Homme, qu’il y a quelques semaines une délégation de la CIM était accueillie en France pour parler des succès de la Convention de Belém do Pará.

Je voudrais terminer en rappelant la signature, cette année, d’un accord de coopération entre l’OEA et l’Organisation international de la francophonie portant notamment sur l’observation électorale et la promotion des droits de l’Homme.

Cet accord montre combien les Etats observateurs peuvent être des agents du dialogue entre les deux côtés de l’Atlantique. Notre association pleine et entière à l’initiative de plusieurs d’entre vous sur la peine de mort en est une autre illustration.

C’est la force de l’OEA de faire participer activement ses observateurs à son agenda. Je vous en remercie. Vous pouvez compter sur notre participation active.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 22/04/2014

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